28/02/2025
Ca y est, l’aventure Drivers Republik s’arrête.
Après plus de 3 années à essayer de donner le meilleur de moi pour entretenir et restaurer ces anciennes qui me sont si chères, je suis contraint de mettre fin à mon activité.
C’est un échec. Je dois me rendre à l’évidence. Je ne peux pas en vivre.
Je peux maintenant me livrer sans filtre, sans avoir à faire bonne figure.
En 3 ans j’ai à peine réussi à me verser ce que certains gagnent en 1 mois.
3 ans à empiler les casquettes de créateur d’entreprise, puis de chef d’entreprise, de technicien, de documentaliste, de chef de projet, d’acheteur, de vendeur… Je ne me plains pas pour autant et je m’en accommoderais volontiers si je pouvais en tirer un minimum de profit me permettant de vivre décemment avec ma famille.
Je ne le cache pas, je suis forcément amer, moi qui ait tout plaqué pour concrétiser mon rêve.
J’ai fait mon possible pour avoir une gestion bien contrôlée (fiches de rentabilité par projet, journal des achats/ventes/charges mis à jour quotidiennement). J'ai toujours honoré mes créances, quitte à ne pas me payer.
J’ai souhaité apporter un service de qualité, avec la satisfaction client au cœur de mes préoccupations.
J’ai communiqué, été présent sur des évènements à la portée de mes moyens, j’ai persisté même lorsque j’avais des doutes, éprouvé ma résilience jusqu’au bout, puis l’heure du constat lucide est arrivée.
Je n’ai pas assez de clients, pas assez de roulement, pas assez de volume, pas assez d’heures facturées au regard des charges récurrentes.
Pour tenter de compenser cela, j’ai acheté des véhicules pour les proposer à la vente après les avoir remis en état, mais là aussi j’ai vendu principalement à perte.
Achetés trop cher au départ ? Frais et temps à y investir sous évalués ? Volonté de vouloir trop bien faire ? Souci du détail chronophage ?
Puis il y a les surprises, les points sur lesquels on ne peut transiger. Comment l’anticiper ?
Le consommateur actuel souhaite le meilleur au meilleur prix. Faire l’affaire du siècle. Ca n’est pas raisonnable, mais il s’obstine en occultant que la qualité à un prix.
Comment tenir une négociation quand on sait que l’entreprise a besoin de trésorerie pour honorer ses charges, quitte à sacrifier sa rentabilité…
Quoi d’autre ? Manque de notoriété ? De légitimité ? Ici on se méfie des nouveaux. Pour les Limougeauds l’atelier est « trop loin ». Je l’ai entendu à plusieurs reprises. Alors que j’avais des clients basés à Toulouse, Paris, en Alsace ou encore en Vendée… Pour qui l’éloignement ne posait aucun problème.
Il est clair que mon activité touche à la passion, au loisir. Et lorsque les foyers sont dans l’incertitude financière, ils se recentrent sur les dépenses essentielles. Repoussent leurs plaisirs à plus t**d. Je le comprends.
J’ai tourné 1000 fois dans ma tête lors de nuits sans sommeil comment rectifier le tir, comment m’améliorer. Qu’est-ce qui ne va pas ?
Malgré des idées parfois saugrenues, malgré les remises en question, je n’ai pas la réponse.
L’heure n’est plus à me poser des questions sur le pourquoi, mais à me projeter dans une vie d’après.
Merci à ceux qui ont passé la porte de l’atelier sans préjugé ni snobisme. Merci à ceux qui m’ont fait confiance. Merci à ceux qui m’ont suivi et m’ont encouragé avec bienveillance.
Bonne route à tous. Pour ma part je continuerai à rouler en ancienne pour entretenir ma passion.