03/02/2025
Le monde de la voile s'ouvre au Kite
Vendée Globe : démâtage d’Arnaud Boissières
Arnaud a démâté hier matin. Il a réussi à sécuriser son bateau et lui va bien. Depuis quelques éditions, certains concurrents bénéficient maintenant d’une aile de kite adaptée qui leur permet de continuer à faire route à environ 3/4 nœuds au portant.
On aimerait vraiment que Cali puisse aller au bout de l’aventure pour terminer les 2500 milles restants, mais on ne va pas trop comment il pourrait réussir à remonter au vent avec son aile, même si, en théorie, c’est possible. En tout cas, pour l’instant, il a fait le choix d’aller bien au portant en direction des Caraïbes. Il n’a en tout cas pas déclaré son abandon, mais je crains fort que son équipe choisisse d’aller aux Antilles pour réparer ou rapatrier ensuite le bateau par cargo en France.
J’ai comme l’impression que Jean Le Cam va rentrer encore un peu plus dans l’histoire en étant le seul à terminer 5 éditions du Vendée Globe.
On se souvient de Romain Attanasio qui avait démâté 2 mois avant le départ du Vendée Globe. Dans un élan de solidarité incroyable, il a pu faire une cagnotte magnifique et compléter le budget qu’il lui manquait pour racheter le mât de secours de Maxime Sorel et réparer son bateau dans un temps record ! Et aujourd’hui, de le voir à la 14ᵉ place avec un bateau de presque 10 ans et une préparation de dernière minute avec ce mât improvisé, et bien, on imagine qu'il va bien savourer son arrivée prévue pour le 2 février.
Le 15 décembre dernier, Pip Hare avait aussi démâté dans l’océan Indien. Malheureusement, la meilleure solution pour sécuriser le bateau et rentrer safe au port, c’est souvent de larguer le bout du mât le plus haut pour pas qu’il transperce la coque. C’est souvent mission impossible de tout remonter à bord. Ce n’est pas terrible pour nos océans, mais on n’a pas trop le choix parfois.
Cela fait 3 démâtages en moins de 5 mois sur ces bateaux ! Il faut bien imaginer que, fin 2013, la classe Imoca a décidé de rendre les nouveaux mâts fabriqués tous identiques. À l’époque, il n’existait pas de bâteaux foilers. Depuis, les foils ont permis aux bateaux de devenir de plus en plus puissants, engendrant beaucoup plus de contraintes sur les mâts. Mais les équipes ont beaucoup travaillé et des capteurs de charge ont été généralisés sur tous les bateaux récents afin de savoir quand la tension sur le mât dépasse une certaine limite, et dans ce cas, le skipper peut faire le choix de changer de voile ou de les choquer pour éviter d’être dans la zone rouge ! Avant, on cassait essentiellement les mâts au près quand ça tapait fort, mais là, bien souvent, c’est aussi dans les allures travers, justement quand le foil est exploité au maximum !
Je vous invite à aller voir Benjamin Dutreux qui s’était réfugié à La Rochelle après son arrivée suite à la tempête l’empêchant de rentrer au port. L’un des enfants du pays (tout comme Sébastien Simon ou Arnaud Boissières) est attendu de pied ferme à rentrer dans le chenal des Sables d’Olonne ce jour à partir de 17 h ! C’est incontestablement le skipper le plus sensible du circuit, il va faire couler quelques larmes. J’espère vraiment que les sponsors vont enfin lui donner les moyens d’avoir un bateau très performant pour la prochaine édition, il le mérite tellement après cette belle 10ᵉ place.