12/10/2026
La réponse au jeu du week-end : il fallait deviner notre Matra Rancho de 81
Bien avant que les SUV deviennent une armée industrielle, il y avait déjà un drôle d’objet roulant.
Le Matra Rancho de 1981 n’est pas un simple vieux 4x4 français. (D’ailleurs, ce n’est même pas un vrai 4x4).
Le Rancho, c’est l’idée géniale de Matra : donner à une voiture de loisirs l’allure de l’aventure, sans la mécanique lourde, le poids ni le prix d’un tout-terrain pur et dur.
Lancé en 1977, produit à Romorantin-Lanthenay, il naît dans une entreprise qui a aussi fabriqué les 530, Bagheera, Murena… avant de préparer le terrain à la future Renault Espace.
En tout, 57 792 exemplaires seront produits jusqu’en 1984.
En 1981, on est dans une année charnière.
Le modèle porte désormais clairement l’identité Talbot-Matra, conséquence du rachat de Simca par PSA. Ce n’est plus une curiosité expérimentale du catalogue : c’est un véhicule installé, identifiable, presque culte.
Et 1981, c’est aussi l’année où l’on voit apparaître certaines variantes qui nourrissent aujourd’hui sa légende, comme la Découvrable, ainsi que la série spéciale Midnight.
Ce qui fait la force du Rancho, c’est son intelligence de conception. Il repose sur la base du Simca 1100 utilitaire, un choix loin d’être glamour sur le papier, mais redoutablement malin. Philippe Guédon, grand homme de Matra, s’inspirera largement de la Simca 1100 pour le créer. Résultat : un véhicule à traction avant, haut sur pattes, à la silhouette de baroudeur, avec une carrosserie largement réalisée en polyester et fibre de verre.
En clair : du look, de la légèreté, de la modularité… et une vraie personnalité.
Sous le capot, le Rancho reste simple, robuste et très français dans l’esprit. On y trouve un 4 cylindres de 1 442 cm³, 80 chevaux DIN, alimenté par carburateur Weber, associé à une boîte manuelle à 4 rapports. Pas de transmission intégrale, jamais. C’est même l’un des grands paradoxes de l’auto : elle a le physique d’un explorateur, mais elle reste une traction. Et pourtant, c’est aussi ce décalage qui la rend moderne avant l’heure.
Le Rancho ne promet pas l’Himalaya. Il promet le week-end, le camping, les chemins, les planches, les enfants, le chien, la vie dehors.
Ses dimensions disent aussi beaucoup de son ambition : 4,315 m de long, 1,665 m de large, 1,735 m de haut, pour 1 130 kg. C’est compact, logeable, malin. Aujourd’hui, on dirait presque qu’il invente un mélange entre SUV, ludospace et monospace avant même que ces mots deviennent des rayons entiers chez les concessionnaires. Le terme officiel de “leisure activity vehicle” lui va d’ailleurs parfaitement.
Il ne faut pas non plus oublier son poids culturel. Pour beaucoup de Français, le Rancho n’est pas seulement une voiture : c’est une image. Celle de La Boum et de La Boum 2, où il apparaît comme véhicule principal. Autrement dit, le Rancho n’a pas seulement traversé les routes. Il a traversé l’imaginaire collectif des années 1980.
Ce Matra Rancho de 1981 raconte donc une époque où l’automobile osait encore inventer des catégories au lieu de les copier. Il a l’air d’un 4x4, l’esprit d’un véhicule de loisirs, la simplicité mécanique d’une auto populaire et, déjà, l’intuition de ce que deviendra l’automobile familiale des décennies suivantes.
Le Rancho n’est pas en avance sur son temps.
Il est carrément en dehors de son temps.
📌 Et pour info : celui ci a déjà été vendu ;)