13/05/2026
La minute Culture par La Boite de 2 Pattes
Joindre la culture à cette nationale 2CV, c’était un passage obligé pour Amandine et moi, passionnés d’histoire et surtout de seconde guerre mondiale
À 5 min du site se trouve la ville de Montoire sur le Loir tristement célèbre pour sa poignée de main de la honte entre Adolf Hi**er et Philippe Petain le 24 Octobre 1940…
En cette fin octobre 1940, le quartier de la gare est transformé en forteresse Des centaines de soldats allemands pour sécuriser un rendez-vous organisé dans le plus grand secret. Des batteries antiaériennes sont disposées autour des voies de chemin de fer.
Les habitants sont consignés chez eux, le maire Louis Renard est placé sous la surveillance d’un officier. Considéré comme otage, il fera aussi office de goûteur du lait qui sera servi à un Adolf Hi**er végétarien et paranoïaque.
Car c’est le Führer en personne qui s’apprête à faire escale dans cette localité du Loir-et-Cher. « Montoire était alors un nœud ferroviaire bien placé sur l’itinéraire de Hi**er qui se rendait à Hendaye rencontrer Franco »
Autre atout stratégique : en cas d’alerte aérienne, le convoi de Hi**er pourra se réfugier dans le tunnel de Saint-Rimay tout proche. « Les Allemands vont également réquisitionner des plantes tropicales acheminées depuis le jardin botanique de Tours ainsi que le tapis rouge de l’église pour décorer le bâtiment. »
Beaucoup de gens l’ignorent mais le Führer s’est arrêté deux fois à Montoire. La première étape a lieu le mardi 22 octobre. Un premier train arrive à 18 h 34 : celui du ministre des Affaires étrangères, von Ribbentrop. Vingt minutes plus t**d, un second convoi s’immobilise sur la voie 3 aujourd’hui disparue. Il s’agit du train personnel d’Adolf Hi**er surnommé Amerika (ou Erika). Les voitures personnelles (et blindées) du dictateur comportent salle de bain, chambre et salle à manger.
Protégé par deux wagons de DCA, le convoi est tracté par deux locomotives et d’une machine de secours, à l’arrière. II est 19 h, Pierre Laval, vice-président du Conseil et Otto Abetz, ambassadeur d’Allemagne en France montent à bord. « Cette entrevue était destinée à préparer celle prévue entre Hi**er et le maréchal Pétain, deux jours plus t**d »
Hi**er annonce à un Laval déjà engagé dans une collaboration étroite avec l’occupant n**i, qu’il désire l’aide de Vichy pour vaincre l’Angleterre. L’entretien s’achève à 20 h 15. Le train de Hi**er repart au milieu de la nuit en direction d’Hendaye. Les soldats plient bagage et Montoire retrouve sa quiétude.
Prélude à la collaboration Mais le jeudi 24 octobre, c’est à nouveau le branle-bas de combat ! Pétain qui a été avisé des intentions du Führer part de Vichy au petit matin et s’arrête à la préfecture de Tours pour déjeuner avant de s’offrir une petite sieste.
De retour du Pays basque, le train d’Hi**er arrive à Montoire à 15 h 29. Ribbentrop et l’interprète Paul Schmidt atterrissent à Parçay-Meslay et le rejoignent en voiture. Le maréchal Pétain arrive à 18 h et reçoit les honneurs d’un bataillon allemand rassemblé sur la place puis se dirige vers Hi**er qui l’attend sur le quai. « La fameuse poignée de main a lieu sous la petite marquise située au milieu des voies et qui a été démolie depuis. Il s’agissait d’une marque de politesse et non d’un signe d’accord entre eux car la discussion n’a eu lieu qu’après, à l’intérieur de la voiture salon.
Quant à l’entrevue, elle ne donnera lieu à aucun accord. L’ancien vainqueur de Verdun ne souhaite pas entrer en guerre contre l’Angleterre mais la voie de la collaboration est ouverte comme le confirmera le discours de Pétain prononcé une semaine plus t**d, alors même que le régime de Vichy a déjà promulgué le statut des Juifs le 3 octobre. Les Montoiriens se seraient bien passés d’une telle postérité.