07/27/2026
Tout est dit
Quand les Suédois ont décidé d'emmerder les Allemands...
À la fin des années 70, l'Allemagne fabriquait déjà de très bonnes berlines.
BMW parlait de plaisir de conduire.
Mercedes de solidité.
Audi commençait à monter en puissance.
La 911 turbo avait déjà démontré qu'un moteur turbo pouvait devenir une machine sensations.
Pendant ce temps-là, à Trollhättan, quelques ingénieurs suédois regardaient tout ça avec un léger sourire.
Ils n'avaient ni les moyens de BMW.
Ni l'image de Mercedes ou de Porsche.
Alors ils ont fait ce que les petites marques font depuis toujours. Ils ont réfléchi.
Le turbo existait déjà.
Mais surtout sur des voitures de course. Ou sur quelques modèles aussi brillants que capricieux.
Chez Saab, l'idée était différente.
Et si le turbo devenait simplement... utilisable tous les jours ?
En 1978 naît la Saab 99 Turbo. 145 chevaux.
Ce n'est pas le chiffre qui impressionne. C'est la manière.
À une époque où beaucoup de moteurs atmosphériques demandaient d'aller chercher les chevaux tout en haut du compte-tours, la Saab poussait franchement dès les mi-régimes.
Pas besoin de jouer du levier de vitesses à chaque dépassement. On appuyait. Elle repartait.
Et soudain, les grosses allemandes comprenaient que les Suédois ne fabriquaient pas seulement des meubles en kit.
La 99 Turbo n'était pas parfaite.
Son dessin ne faisait pas tourner toutes les têtes. Son ergonomie avait parfois des idées bien à elle. Et son contacteur de démarrage, coincé entre les sièges, surprenait toujours les nouveaux venus.
Mais elle avait une personnalité.
Aujourd'hui encore, beaucoup parlent de la Porsche 911 Turbo.
Très peu se souviennent que Saab a été l'un des premiers constructeurs à démontrer qu'un turbo pouvait être fiable, civilisé... et utilisable pour aller chercher le pain le dimanche matin.
La 99 Turbo n'a pas changé le monde.
Elle a simplement obligé les autres à accélérer.
Et pour une petite marque venue du froid, c'était déjà une sacrée victoire.